Psychologie sociale – TD n°5 Le phénomène de la « brebis galeuse » Expériences : Expérience 1 - Marques, Yserbyt et Leyens (1988) : Des étudiants belges doivent juger une personne stimulus. Deux VI sont manipulées :
L’évaluation de cette personne porte sur une série de dimensions positives et négatives. Résultats (plus la note est forte, plus la personne est acceptée) :
On a un effet principal de la sympathie mais pas d’effet principal du groupe d’appartenance. Expérience 2 – Marques et Yzerbyt (1988) : Des étudiants belges évaluent le comportement réel d’une cible (monologue). Ils entendent la lecture d’un texte par un étudiant en philosophie (endogroupe) ou en droit (exogroupe). La lecture est soit bonne, soit mauvaise. On a donc deux VI : l’appartenance de groupe et la qualité de la performance verbale. On mesure la « favorabilité » à l’égard de la cible (de 1 à 7).
On a un effet de la performance (p<.001) mais pas d’effet global de l’appartenance, ainsi qu’une interaction (on apprécie plus un étudiant de l’exogroupe quand la performance est mauvaise et un étudiant de l’endogroupe quand la performance est bonne). Théorie : Définition : L’effet de brebis galeuse implique que :
Pour qu’on parle d’effet « brebis galeuse », ces deux aspects doivent être présents. Théorie de l’identité sociale :
L’effet brebis galeuse est une forme sophistiquée de favoritisme de l’endogroupe. Il ne résulte pas d’une comparaison intergroupe (endo / exo) mais de la comparaison intragroupe. On compare les comportements de nos membres à un « standard » (norme) définissant ce qui est souhaitable et valorisant pour l’endogroupe. L’effet brebis galeuse vise ainsi à protéger l’image qu’on a du groupe et conduit au rejet d’un éventuel membre déviant.
Prophéties auto-réalisatrices Théorie : Définition : Les prophéties auto-réalisatrices consistent en le fait qu’une personne ayant initialement adapté des croyances erronées à prorpos d’un individu amène cet individu à se comporter de telle sorte qu’il confirme ces croyances (Snyder, 1992). Ainsi, le phénomène implique une situation d’interaction entre deux personnes (A et B). A a des attentes à l’égard de B . Ces attentes sont fausses ou non fondées mais elles vont influencer le comportement de A à l’égard de B de façon à ce que B se comporte conformément aux attentes de A. On peut résumer ce phénomène d’après le schéma suivant : Ce phénomène a été étudié dans différents contextes :
Le phénomène des prophéties auto-réalisatrices peut s’exprimer à travers le comportement verbal (ce qui est dit) mais aussi non-verbal (posture, regardes etc.). Indicateurs non-verbaux dune attitude positive à l’égard d’autrui :
Ces comportements reflètent une relation « d’immédiateté » en augmentant la proximité avec l’interlocuteur. Texte de Word, Zanna et Cooper (1974) : Les auteurs ont étudié ce phénomène dans une situation d’entretien dans lequel un interlocuteur blanc est face à un candidat noir (les américains blancs à cette époque avaient des stéréotypes négatifs à l’égard des noirs). Hypothèse et expérience 1 : Les candidats noirs recevront moins de comportement « d’immédiateté » que les candidats blancs. L’expérience consiste à vérifier l’influence du stéréotype (des attentes) sur le comportement du sujet. Les candidats compères (noirs ou blancs) sont entraînés à se comporter de la même manière, et les interviewers (tous blancs) sont les sujets naïfs (cf. p114). Hypothèse et expérience 2 : Quelle que soit leur appartenance ethnique, les candidats qui reçoivent peu de comportement « d’immédiateté » vont en exprimer peu en retour et seront évalués comme moins performants que ceux qui ont reçu beaucoup de comportements « d’immédiateté ». |